Les Charges Critiques en France

L'Effet de la Pollution Atmosphérique sur les Écosystèmes

Le contexte historique

Dans les années 70 et 80, une mortalité inquiétante des poissons des lacs des pays du Nord ainsi qu’un dépérissement massif des forêts du Nord et de l’Est de l’Europe sont apparus. Ce que l’on sait moins, c’est que ce phénomène a également touché les forêts françaises, plus particulièrement dans le Nord-Est de la France. De nombreux travaux de recherche ont alors débuté pour en comprendre les causes, et les découvertes ont montré que les pluies acides contribuaient significativement aux dégâts constatés. Ces pluies acides sont principalement dues aux émissions de polluants atmosphériques (azote et soufre) par les rejets industriels, automobiles, et agricoles en Europe.

Forêt de résineux impactée par les pluies acides en République Tchèque 20 ans après le pic d’émission de polluants
Forêt de résineux impactée par les pluies acides en République Tchèque 20 ans après le pic d’émission de polluants – crédit : A. Probst.

Ces différents polluants peuvent être transportés sur de très longues distances par les courants aériens, traverser les frontières et se déposer sur des écosystèmes éloignés de la source d’émission. Mais il n’y a pas que les polluants acidifiants (soufre et azote), d’autres types de composés dangereux pour l’homme et l’environnement sont transportés dans l’atmosphère. Les métaux lourds, en particulier le plomb, le cadmium, le mercure ainsi que l’ozone et les composés organiques persistants (POP) sont émis en grande quantité dans les pays industrialisés.

En 1979, la Convention sur la pollution atmosphérique transfrontalière à longue portée (CLRTAP) , élaborée dans le cadre de la Commission économique pour l’Europe des Nations Unies (CEE-ONU), a été signée par 34 pays dont la France (aujourd’hui 46 pays). La convention admettait la possibilité que la pollution de l’air même transfrontière pouvait avoir des effets dommageables sur la santé humaine, les monuments historiques, et les écosystèmes. Elle reconnaissait aussi la nécessité d’étudier les incidences du transport des polluants atmosphériques à longue distance ainsi que de chercher des solutions pour y remédier. Cette convention est entrée en vigueur en 1988, et a engagé les signataires à limiter les émissions d’oxydes de soufre et d’azote, en se basant sur le concept scientifique des charges critiques pour aider à raisonner les décisions de réduction des émissions de ces contaminants.

Les charges ou niveaux critiques sont définies comme une valeur d’exposition à un ou plusieurs polluants au-dessus de laquelle des effets significatifs indésirables sur des éléments sensibles de l’environnement apparaissent, en l’état actuel des connaissances (Nilsson et Grenfelt, 1988).

Plusieurs protocoles au sein de la convention de Genève ont été signés depuis, pour adapter les lois à l’évolution des connaissances en matière d’environnement. Deux protocoles ont été définis en 1998 et traitent des métaux lourds et des composés organiques persistants. Le dernier protocole en cours de négociation date de 1999. Il traite de l’acidification, de l’eutrophisation et de l’ozone. Dans le cadre des travaux de la convention, les pays signataires se sont engagés à produire des cartes de charges critiques.

Les cartes de charges critiques présentées sur ce site montrent pour la France les charges critiques calculées pour différents écosystèmes, en l’état actuel des connaissances. Ces cartes permettent d’identifier des zones du territoire couvert par des écosystèmes sensibles aux retombées atmosphériques de contaminants ciblés et de révéler ainsi des situations locales particulières.

Références

  • NILSSON J., and GRENNFELT P. (1988). Critical Loads for Sulphur and Nitrogen. In Report from a Workshop held at Skokloster, Sweden, March 1988, pp. 7–32. Nordic Council of Ministers and the United Nations Economic Commission for Europe, Stockholm, Sweden.

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